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Le film culte de la Semaine – Batman

CecileL. 6 juillet 2012 0
Le film culte de la Semaine – Batman

Le Film Culte de la Semaine, c’est l’occasion de vous faire découvrir ou re-découvrir les films cultes du cinéma international. Et c’est chaque vendredi sur Cenoctet.com

Pour célébrer à notre manière, la prochaine sortie de The Dark Knight Rises, rien de tel qu’une petite rétrospective de la 1ere (et non moindre ) adaptation cinématographique du célèbre DC Comics Batman, de Bob Kane.

Cette Adaptation, fut réalisée par Tim Burton (alors âgé de 31 ans), en 1989. L’histoire met en scène Bruce Wayne, célèbre milliardaire de Gotham City, qui, enfant, vit ses parents assassinés par un voleur. Pour les venger, il se lance dans une bataille contre le crime organisé sous une identité secrète, c’est le « Batman ». Gotham City est alors contrôlée par le parrain Carl Grissom. Mais en dépit des efforts du procureur de district, Harvey Dent ainsi que du commissaire James Gordon, la police reste corrompueLe reporter Alexander Knox et la photo-journaliste, Vicki Vale quant à eux, commencent à enquêter sur les agissements du justicier habillé en chauve-souris…

Le film reçut un succès financier et critique sans précédent pour un film de super-héros. En effet, alors que son budget s’élève à 48 millions de $, celui-ci rapporte au box office mondial, plus de 411 millions de $. Il fut nominé de nombreuses fois aux Golden Globes, Saturn Awards ainsi qu’au festival du cinéma américain de Deauville, et reçut deux Oscars ( Meilleurs décors, Meilleure direction artistique ). Ce 1er Batman, par son succès, s’oppose fortement à beaucoup d’autres adaptations maladroites (voire carrément mauvaises) de comics Marvel ou DC qui suivront. L’adaptation de Joel Schumacher, par exemple ( Batman et Robin, Batman Forever) qui fait tache entre les deux sagas divergentes mais néanmoins, très bien montées de Burton et de Nolan.

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La qualité du film, qui en fera un énorme succès, repose sur plusieurs éléments. Une combinaison parfaite de choix précis: D’une part, le casting de choc. Malgré une ribambelle d’acteurs de renom auditionnés par la production Warner pour le rôle de Batman/ Bruce Wayne ( Mel Gibson, Kevin Costner, Charlie Sheen, Pierce Brosnan, Tom Sellecket Bill Muray…) , Tim Burton, lui, propose Michael Keaton, qui incarna BeetleJuice, dans son film éponyme, un an plus tôt. Le choix fut très difficile et la production assez réticente à la proposition du réalisateur étant donné les antécédents trop «comique» qui collaient à la peau de l’acteur. Il réussit néanmoins à les convaincre. Michael Keaton ( chez qui, certains trouveront un sex appeal, d’autres, une ressemblance troublante avec notre présentateur national, Julien Lepers…) n’en reste pas moins, un Batman mystérieux, humain, et parfois drôle, dont la profondeur du personnage fit de Keaton, son meilleur interprète. De même que pour le Joker,  Willem Dafoe, David Bowie, James Woods, et Robin Williams furent eux aussi auditionnés. Mais quel acteur peut incarner au mieux, ce dangereux criminel psychopathe ? Jack Nicholson, bien sûr ! En effet, celui-ci est un grand habitué aux rôles de déjantés et de fous furieux ( ShiningVol au dessus d’un nid de coucou ). Oui mais voilà, Jacky a le sens des affaires, et il lui arrive d’être intraitable. Il négocie sa participation au film, en échange de quoi il a droit à un salaire plus important, et touche une partie des recettes du Box-Office ainsi que des produits marketing. Il empoche ainsi 60 millions de $, encore aujourd’hui considéré comme un record de salaire chez un acteur. Dur. Mais ça valait le «coût»…Notons aussi la présence de Michael Gough ( Out of Africa, Sleepy Hollow) interprétant Alfred, Jack Palance (Le Mépris) Carl Grissom, et Kim Basinger 8 Miles, L.A Confidential ) qui remplaça, Sean Young, l’actrice initialement retenue pour le rôle de Vicki Vale, et qui s’était blessé lors d’une chute de cheval pendant les répétitions.

D’autre part , la musique fait elle aussi, son petit effet. Le duo indissociable Danny Elfman/ Tim Burton repart pour un tour, avec la bande originale de Batman (puis, plus tard, Batman Le Défi ) concluant ainsi, leur 3e collaboration. La musique particulière de Danny Elfman donne à la patte de Burton -ses décors et l’ambiance du film, gothiques à souhait- une dimension encore plus grande. Pour Danny Elfman, il s’agit là d’une grande difficulté : c’est son 1er gros film dont il réalise la bande originale mais surtout son 1er film d’action, qui requiert donc une musique assez épique. Il s’inspira d’ailleurs largement de son « maître », le célèbre Bernard Hermann et de sa bande originale du Voyage au centre de la TerreLa bande originale comporte également deux morceaux de Prince « 1999 » et « Baby I’m a star ». Le chanteur avait été contacté par Tim Burton afin d’utiliser les morceaux pour le film. Ravi, et en tant que grand fan du super-héros depuis son enfance, Prince souhaita visiter les lieux de tournage. Il y fera la rencontre de Kim Basinger, avec qui il aura une liaison amoureuse pendant plus d’un an. Prince désirait réaliser la musique du film, mais celle-ci étant déjà attribuée à Danny Elfman, il composa alors, alternativement au « Music score » d’Elfman, un album conceptuel, inspiré du film : Batman- Motion Picture Soundtrack, qui sera un gros succès.

              

Pour ce qui est du tournage et des décors, l’équipe de production occupa les studios Pinewood de Londres: 40 hectares, dont 18 plateaux de tournage ! Avec plus de 200 employés, le chef décorateur Anton Furst, construisit un ensemble qui était, selon certains employés de Pinewood, « la plus grande structure extérieure construite en Europe depuis Cléopâtre en 1960 ». Ils utilisèrent également les décors naturels avoisinants tels qu’une centrale électrique désaffectée de 6700 m² ( la Compagnie Axis Chemical ) et deux bâtiments historiques d’Angleterre ( Manoir Wayne ). Dans ces studios, de nombreux films furent tournés dont Aliens : le Retour. Trois ans avant Batman, lorsque l’équipe du film arriva aux studios, ils découvrirent des restes du décor, dont le « processeur atmosphérique » qui contenait encore les nids et œufs intacts des aliens.

Trois ans après ce succès sans appel du film Batman, le deuxième épisode de cette saga « Burtoniesque» de notre homme chauve-souris sort dans les cinémas. Toujours plus d’actions, toujours plus de méchants ( avec là encore des acteurs au top : Danny DeVito, Michelle Pfeiffer, en magistrale Catwoman.) et toujours plus sombre. Batman Le Défi, connaîtra également une belle renommée. Ces Batman-là ont un très haut niveau que ne viendra jamais ni détrôner, ni gâcher, la saga de Christopher Nolan. Elle complète l’autre, sans jamais empiéter sur ses bandes. Elle n’est rien de plus, rien de moins qu’une histoire alternative. Mieux ! Les nouveaux acteurs choisis, réussissent alors à relever le niveau de leur prédécesseur, de façon spectaculaire telle que la prestation de Heath Ledger, interprétant un Joker bluffant. Avec autant de belles surprises, on ne peut espérer qu’une chose : que ce dernier opus de The Dark Knight reste fidèle à la recette qui a fait de la saga Batman, un Grand film de super-héros.