613 views

[Critique] The Amazing Spider-Man

Avo 10 novembre 2012 0
[Critique] The Amazing Spider-Man

A peine 10 ans après le premier épisode signé Sam Raimi et seulement 5 après le 3ème et dernier, voilà que l’homme araignée déboule une nouvelle fois sur nos écrans géants non pas pour une suite, mais pour un « reebot », concept à la mode à Hollywood qui consiste à relancer une franchise à succès avec de nouvelles têtes pour mieux camoufler le manque d’imagination et d’audace des exécutifs.  Derrière ce concept se cache bien évidemment un intérêt commercial que nous allons tenter de comprendre avant de chercher à savoir si le spectateur peut également y trouver son intérêt…

Sony, détenteur des droits du personnage, étant dans l’obligation contractuelle de produire un long-métrage Spider-Man avant 2013 sous peine de rendre définitivement les droits à Marvel, le projet d’un nouvel épisode des aventures de Peter Parker ne date pas d’hier, et a d’abord été  abordé sous l’angle d’une suite directe, toujours sous la houlette du réalisateur d’Evil Dead. Ce dernier, conscient des nombreux défauts du 3ème opus et revigoré par son retour réussi à l’horreur petit budget avec Jusqu’en Enfer, déclare même vouloir repartir pour un 4ème volet avec tout l’équipe originale, à condition de pouvoir apporter quelque chose de plus à la saga qui montrait déjà d’importants signes d’essoufflement. Faute de scénario satisfaisant, Raimi jettera finalement l’éponge, suivi de près par le casting original.

Heureusement à Hollywood, quand on n’a pas d’idées, on a des recettes : remake, reboot, spin-off, etc…, il n’y a qu’à choisir ! Et puisque nous avons changé de décennie et que le premier Spider-Man était trop « 2002 », remettons-le au goût du jour ! A défaut de Sam Raimi, c’est donc Mark Webb qui se retrouve derrière la caméra de ce blockbuster à plus de 200 millions de dollars. Un choix plutôt risqué dans la mesure où on ne lui doit qu’un seul long métrage (la comédie romantique 500 jours ensembles) des épisodes de séries (The Office notamment) et quelques clips (Green Day, 3 Doors Down). Vient ensuite l’heure du casting qui se veut forcément « hype » puisqu’en lieu et place de Tobey Maguire et Kirsten Dunst on retrouve Andrew Garfield (The Social Network) en Peter Parker et Emma Stone (Zombieland) non pas en Mary Jane mais en Gwen Stacy, le premier amour de Peter. Quelques « gueules » reconnues viennent ensuite compléter le tout : Martin Sheen (Wall Street), Denis Leary (Small Soldiers) ou encore Sally Field (Mme Doubtfire).

Si le choix du casting est plutôt cohérent et rend plutôt bien à l’écran, le reste du film est tout autre chose. Malgré un début intéressant, s’attardant plus longuement sur les origines du personnages, de la perte de ses parents à la relation avec son oncle Ben tout en donnant au père décédé un rôle important dans l’évolution de l’histoire, le film commence alors à dangereusement s’embourber dans une mare de clichés et donne une lourde impression de déjà vu, et en mieux…

Si l’on tente de faire abstraction à la trop forte ressemblance avec le film de Sam Raimi (on sait très vite ce qui va se passer), il est fort dommage d’assisté à un tel classicisme là où des films comme The Dark Knight et Avengers, par leur noirceur ou leur humour, parvenaient à apporter de réelles innovations au genre du « Super Hero Movie ». The Amazing Spider Man accumule pour sa part les raccourcis scénaristique (les personnages habitent New York mais finissent tous par trouver un lien entre eux, même les secondaires…), une musique omniprésente qui se veut épique mais qui finit par tourner à la parodie (« On se croirait dans Titanic » m’a très justement glissé une personne qui se reconnaitra), des dialogues « profonds » profondément lourds (le coup du message posthume de l’oncle Ben), des idées non exploitées (le gaz sensé transformer tout le monde en lézard n’atteint que deux personnes qui n’ont même pas le temps de se transformer) et une répétition de scènes pseudo-romantiques à la limite du ridicule (« J’ai bien aimé quand on tu m’as embrassé, tu embrasses bien, on devrait recommencer »…). Ajoutez à cela une surmultiplication des effets numériques (on se croirait parfois dans une cinématique de jeux PS3) et des rebondissements 1000 fois vus et vous comprendrez pourquoi on passe beaucoup de temps à regarder sa montre en se demandant quand enfin tout cela va prendre fin, et quand on sait qu’ils prévoient déjà 2 suites, ce n’est pas prêt de s’arrêter.

Reste  la scène du caméo de Stan Lee (le créateur du personnage) où l’on voit l’araignée et le Lézard en découdre dans une bibliothèque sur fond de musique classique, très réussie.Mais quelques secondes ne suffisent pas à sauver 2h15 d’un Spider Man qui n’a finalement rien de très « Amazing»…