533 views

[Critique] Super Ca$h Me

Avo 22 avril 2012 0
[Critique] Super Ca$h Me

8 ans après le succès de Super Size Me, difficile de découvrir dans nos contrées les autres documentaires du trublion Morgan Spurlock et notamment son toujours inédit Where in The World is Osama Bin Laden ?. Heureusement pour nous, l’éditeur Emylia sortira le 2 mai prochain Super Cash Me, titre opportuniste derrière lequel se cache en réalité The Greatest Movie Ever Sold, ou plus précisément POM Wonderful Presents : The Greatest Movie Ever Sold.

Sous ce titre à rallonge, Spurlock part d’un postulat simple : Peut-on faire financer par la publicité un film qui parle de la publicité au cinéma ? Ainsi, participons-nous à la préparation du film, tout en étant dans le film ! Vous avez du mal à suivre ? Le plus grand film jamais vendu du titre n’est autre que le making off de celui-ci, et ainsi nous suivons son réalisateur démarcher de nombreux sponsors potentiels, en rencontrer certains, défendre son projet pour obtenir des financements ou du matériel,… Le tout agrémenté de passage publicité obligatoires, imaginés et tournés par Spurlock lui-même, mais également de rencontre annexes avec des réalisateurs (Peter Berg en pleine préparation de BattleshipBrett Ratner ou encore JJ. Abrams), des avocats ou experts en marketing, des politiciens (pour un passage à Sao Paulo très instructif) et même les représentants d’une école proposant la vente de panneaux publicitaires pour faire face à la baisse du financement de l’Etat !

Derrière toutes ces démarches, Morgan Spurlock cherche à mesurer les conséquences morales qu’engendre le besoin de financement par la pub, devenu indispensable aujourd’hui pour obtenir un surplus de liquidité dans la réalisation d’une œuvre ciné ou télé. Ce type de partenariat impliquant, comme nous le montre le film, une prise de pouvoir importante des investisseurs, ainsi qu’une liste de contraintes liées à la visibilité de la marque dans l’œuvre, le réalisateur cherche alors à savoir si le fait de vendre un projet contre de la publicité fait de lui un vendu. Les éléments de réponse apportés, ajoutés au déroulement du film (Spurlock ne roule qu’en mini, ne mange que les pizzas de son sponsor, ne boit que de la boisson POM Wonderfull et j’en passe) entrecoupé des spots publicitaires, ainsi qu’au silence gêné de son auteur semble faire de ce doute plus qu’un constat, une fatalité qui n’est autre que le reflet d’une société qui en indigne beaucoup mais que rien ni personne ne semble pourvoir (ou vouloir ?) changer…

D’un point de vue formel, le film suit une trame proche de celle de Super Size Me, avec son auteur s’impliquant corps et âme dans son projet et essayant d’en mesurer les conséquences sur son intégrité, plus morale que physique cette fois. On oscille entre moments drôles, aberrants ou touchant, tout en apprenant sur un tel mode de fonctionnement sans susciter le moindre ennui.

Pour ce qui est du DVD, au-delà du titre accrocheur mais déroutant pour une compréhension immédiate du projet, rien à redire sur les qualités visuelles et sonores. Mais nous n’en voudront pas pour autant à l’éditeur qui nous permet de découvrir ce documentaire qui parvient dans l’ensemble à éviter les partis pris bornés et pachydermiques d’un Micheal Moore, en attendant peut-être une sortie chez nous du déjà culte dernier effort de Morgan Spurlock sur le Comic-Con de San Diego et titré Comic-Con Episode IV : A Fan’s Hope. Et pour éviter à l’éditeur potentiel d’interminables réunions et autres Brainstormings, on vous a même déjà trouvé un titre pour son exploitation en France : Super Geek Me ! Très fort non ?