[Critique] Le Hobbit : La Désolation de Smaug

[Critique] Le Hobbit : La Désolation de Smaug

Avec la première partie de The Hobbit, Peter Jackson a réalisé le meilleur film de fantasy existant. Ce voyage pas si inattendu que ça par les fans a su surprendre et a pu décevoir certains. Pourtant, dans son imagerie et son univers, The Hobbit s'impose comme un véritable film de fantasy pur et dur, à la fois merveilleux, barbare, et magique. Jackson a adapté le livre à sa manière, librement, en piochant à droite à gauche dans l'univers de Tolkien, ce qui lui a permis de ne pas se restreindre et de faire le film qu'il souhaitait. Avec cette suite,…

Vue d'ensemble des tests

Le Hobbit : La Désolation de Smaug

Pas si désolant que ça!

90

Avec la première partie de The Hobbit, Peter Jackson a réalisé le meilleur film de fantasy existant. Ce voyage pas si inattendu que ça par les fans a su surprendre et a pu décevoir certains. Pourtant, dans son imagerie et son univers, The Hobbit s’impose comme un véritable film de fantasy pur et dur, à la fois merveilleux, barbare, et magique. Jackson a adapté le livre à sa manière, librement, en piochant à droite à gauche dans l’univers de Tolkien, ce qui lui a permis de ne pas se restreindre et de faire le film qu’il souhaitait. Avec cette suite, c’est pareil. Mais que vaut-elle vraiment ?

Avant de commencer, il est utile de préciser que le film a été visionné en 3D simple, et non en HFR 3D, le format de tournage et de diffusion prévu par Jackson. Le HFR (High Frame Rate), c’est une diffusion en 48 images par seconde au lieu de 24, ce qui donne un effet visuel supplémentaire au film. Pour quelqu’un qui a vu Un Voyage Inattendu cinq fois au cinéma en HFR 3D, voir sa suite en simple 3D, c’est assez déstabilisant, sans être trop dérangeant pour autant.

Avec Un Voyage Inattendu, Peter Jackson a montré qu’il voulait faire de la trilogie The Hobbit un véritable récit précédant la trilogie du Seigneur des Anneaux. On s’adresse donc à des néophytes, mais aussi et surtout à des gens qui connaissent le Seigneur des Anneaux. Plus qu’un simple conte, on raconte dans The Hobbit toutes les prémices de la trilogie du Seigneur des Anneaux. Et c’est avec cette même envie que La Désolation de Smaug a été réalisé. Et dès la première scène du film, on le comprend. Première scène surprenante pour certains, mais finalement totalement cohérente, n’en déplaise aux fans du livre.

Pourtant, le soufflé retombe vite, puisque la demi-heure de film qui suit, sans être inintéressante, est étonnamment assez plate, bien que rythmée correctement. Il faut attendre que la troupe entre dans la Forêt Noire pour que l’aventure commence véritablement, sans perte de rythme, ni d’intérêt. Commence alors un film étrange, mélange entre aventure façon bande dessinée, combats stylisés version Seigneur des Anneaux avec moins de monde, et fantasy brutale et sombre. C’est assez surprenant que cela se remarque, là où tout s’enchaînait naturellement dans le premier opus. Mais inutile de bouder son plaisir, parce qu’il faut bien l’avouer, ce deuxième film est une grande réussite malgré tout.

En effet, l’imagerie fantasy est un peu plus en retrait cette fois-ci, et cela pourrait déplaire. Du moins, c’est ce que l’on nous fait croire. Parce que si le début s’apparente plus à un film d’aventure fantastique, la dernière partie se transforme en un conte sombre dans lesquels seul la mort et la désolation (héhé, jeu de mot avec le titre du film!) semblent régner. On retrouve peu à peu l’aspect épopée dramatique qui planait sur le premier film, sans en atteindre l’envergure, ou alors une assez différente. Et puis, il y a les personnages, qui évoluent, et qu’on se plaît à découvrir et redécouvrir sous de nouveaux aspects. Cette scène ou Bilbo se rend compte qu’il devient un peu trop obsédé par l’anneau est juste formidable de surprise et de brutalité. De même, on redécouvre dans ce film les elfes en tant que guerriers, ce qui ajoute une touche d’humour et de coolitude à des combats plus nombreux qui n’ont rien perdu de leur violence.

Encore une fois, les fans du livre crieront au scandale, mais c’est qu’ils n’ont pas encore compris l’intention de Peter Jackson. Tant pis pour eux. Les autres iront voir le film pour ce qu’il est, et l’apprécieront très probablement. Pourtant, malgré toutes ces qualités évidentes, il y a quelque chose de gênant dans La Désolation de Smaug. Comme si faire une trilogie n’était pas un bon choix, ajoutant des longueurs et quelques lourdeurs à l’ensemble. Toutefois, devant un tel spectacle, et d’une telle qualité, on ne se plaindra pas. La Désolation de Smaug est un poil en dessous d‘Un Voyage Inattendu, c’est vrai, mais il nous fait part de moments de bravoure assez incroyables, et d’une deuxième partie monumentale. En gros, que vous ayez aimé ou non le premier, on vous conseille plus que fortement d’aller voir sa suite, et même s’il ne sort que le 17 décembre 2014, on vous conseille aussi déjà d’aller voir le troisième film. Eh oui, on est comme ça. De toute manière, la fin du deuxième ne vous laissera pas le choix.

A propos de Lameche