Lundi , 21 avril 2014

[Compte rendu] Exposition Titanic

Titanic, c’est le titre d’un excellent film de James Cameron, mais avant tout, c’est un bateau à l’origine d’un drame humain considérable. Une exposition a ouvert en juin à Paris, au Parc des expositions, et elle permet aux visiteurs d’en apprendre plus sur la genèse du projet, sa construction, et le fait divers tragique qui l’a rendu célèbre, grâce à des faits historiques, des reconstitutions, des témoignages, et des objets retrouvés dans l’épave du paquebot. Un voyage au cœur de l’histoire, un peu plus de cent ans après la tragédie. Verdict.

Dès le début, on nous donne un audioguide, compris dans la visite et le tarif, qui va nous accompagner tout au long de la visite. S’il n’est pas obligatoire de s’en servir, il serait dommage de s’en priver, tant celui-ci nous donne des indications supplémentaires sur ce qui nous est présenté. Cela ne plaira pas forcément à ceux qui n’aiment pas qu’on leur impose une durée déterminée, et qui préfèrent disposer de leur temps à leur manière, mais ça reste un plus considérable, qui fait partie intégrante de la visite. Bref, l’expo commence, et nous présente rapidement les conditions de vie en France à cette époque, avant de nous faire part des passagers français qui étaient sur le bateau. C’est intéressant, mais finalement, d’assez mauvais goût. Cela ferait presque passer ces passagers comme plus importants que d’autres parce qu’ils sont de chez nous, alors que quelque soit la nationalité, une disparition est une tragédie. Il faut bien sûr voir ici une source d’informations, mais un peu malvenue, ou plutôt maladroite. Ce n’est que le début, heureusement.

Une fois passée la maquette du Titanic au 1/50ème, qui demeure tout de même assez grande, on commence réellement l’exposition. On nous explique la volonté de White Star Line lors de la conception du paquebot. On nous présente ensuite sa fabrication et les techniques employées, appuyées par des éléments issus de l’épave. On entre dans le processus de fabrication, histoire de nous prouver que ce bateau allait être insubmersible. Et puis on entre dans les cabines, tels des passagers. La reconstitution des décors est assez grandiose, et certaines pièces sont même fidèlement reproduites pour donner aux visiteurs une idée de ce que c’était réellement. Le prix pour les cabines les plus impressionnantes dépasse les 100 00 dollars actuels ! Oui, tout de même ! L’exposition présente aussi des personnalités qui étaient du voyage, et nous expose des objets retrouvés dans les cabines de l’épave, souvent très bien conservés. On insiste aussi sur la deuxième classe et les conditions de voyage, ainsi que les menus. Divers témoignages ou histoires nous racontent comment certaines personnes ou familles se sont retrouvées par accident sur le Titanic suite à une grève dans les mines de charbon. Et pourtant, malgré la tragédie humaine, on a du mal à se sentir concerné ou ému, alors que ce qui nous entoure et ce que l’on découvre devrait nous y aider.

On change d’atmosphère, puisque l’on passe à la troisième classe, avec ses plafonds et son bruit ambiant. On entre dans les conditions, et le tout est encore une fois accompagné d’histoires et de témoignages. Puis on arrive dans la salle des machines. Le travail des ouvriers était difficile et absolument fatigant. On compatit. Et soudain, alors que l’expo commence à nous entraîner de plus en plus bas, on découvre la date du 14 avril 1912. Le naufrage est raconté, exposé. Tout le monde connaît les événements, mais l’exposition prend tout son sens dramatique et émotionnel ici. Les histoires des personnes que l’on a côtoyée le long de l’exposition reviennent dans un cadre différent. On connaît leur sort, qui s’en est sorti ou non, et l’ampleur du drame devient à la fois une succession d’histoires individuelles autant qu’une catastrophe mondiale. Alors que l’on avait faussement était mis à distance durant la première partie de l’expo, tout prend dorénavant une autre dimension, tragique, et devient alors totalement bouleversant dans cette dernière partie. Et ce ne sont pas les objets retrouvés dans l’épave qui vont aider à se sentir mieux. Ni la liste de tous les passagers, regroupés par classe, avec comme précision qui s’en est sorti ou pas. Il n’y a pas de Jack Dawson parmi les disparus de troisième classe. On essaye de se changer les idées comme on le peut face à ce genre de tableau.

L’exposition explique aussi comment, d’un point de vue technique et technologique, les fouilles et recherches ont été possibles, ce qui est très intéressant. Et puis, c’est la fin. On retient alors principalement de cette expo son contenu bien évidemment, mais aussi sa construction, qui nous invite tout d’abord dans le luxe du paquebot, avant de nous plonger ensuite dans un enfer glacial (iceberg présent à l’appui) et tragique aux conséquences humaines avant tout. C’est à la fois beau et douloureux. Bouleversant, c’est véritablement comment on peut qualifier l’exposition. On pourrait se plaindre de son tarif d’entrée assez élevé (presque 16 euros tout de même!), mais on se consolera en se rappelant le prix des places sur le Titanic. Et puis, malgré tout, ça vaut quand même pas mal le coup.

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