Jeudi , 24 juillet 2014
[ Ciné-concert ] Le cuirassé Potemkine au Nouveau Siècle

[ Ciné-concert ] Le cuirassé Potemkine au Nouveau Siècle

Ce samedi 18 Janvier, le Nouveau Siècle accueillait l ‘orchestre symphonique du Pôle Supérieur de Paris Boulogne-Billancourt et ses jeunes talentueux musiciens, pour une nouvelle édition de la série de ciné-concerts organisés par l’ONL. Après Metropolis, en Novembre 2012, c’est au tour du cinéma classique soviétique/ russe d’être mis à l’honneur par une des œuvres magistrales du réalisateur Sergueï Eisenstein. Mis en musique par Chostakovitch, le Cuirassé Potemkine s’inscrit dans la lignée de ces films muets, N&B – tout comme Metropolis- qui perdurent dans le temps malgré une avancée technologique toujours plus exploitée dans le 7e art. Bien loin d’avoir pris la poussière, il s’impose comme un maître du genre, par ses deux éléments principaux : son style cinématographique inimitable et sa musique grandiose. Car on ne parle pas ici de bande originale « quelconque » qui aurait pour unique but de meubler une scène ou de planter un décor, non. On parle de la Grande Musique, celle qui se suffit à elle-même, celle qui ne peut-être perçue dans toute sa splendeur que lorsqu’elle est jouée authentiquement par un orchestre symphonique jeune et vigoureux, qui s’y attelle avec ardeur.

             Seul petit bémol qu’on pourrait reprocher est le léger décalage entre la musique et la projection du film qui semble faire peiner à démarrer les débuts de scène. Celles-ci se stabilisent finalement avec coordination, peu à peu…Hormis cela, l’interprétation du Cuirassé Potemkine par les étudiants du Pôle Supérieur est de qualité. La musique oscille tour à tour entre attaques fulgurantes de cuivre qui semblent porter la ferveur populaire, et les Decrescendos soudains qui les font taire pour laisser place à un murmure sombre et inquiétant des cors, exprimant l’inquiétude des marins du cuirassé face à l’arrivée de l’Armée navale. 
Parmi les scènes les plus puissantes/ captivantes : celle de la scène finale qui se termine sur le plan du Cuirassé, débordant littéralement de marins, sourires aux lèvres, et signes de la main, rythmée par cette musique triomphante : la victoire du peuple dans toute sa grandeur.
Le cuirassé Potemkine demeure l’un de ces chefs d’oeuvre d’un temps passé : celui du film muet d’une part, mais aussi celui de l’URSS et de la glorification des mouvements populaires. Il est bien sûr possible qu’une telle oeuvre puisse rebuter aux premiers abords, les plus jeunes spectateurs. Mais la diversité du public, ce soir-là au Nouveau Siècle nous a prouvé tout le contraire : son intérêt le plus précieux étant le témoignage politique et historique qu’elle nous offre.
Il est certes, établi qu’Eisenstein trouble son public par la force qui émane de ses plans visuels, les émotions qu’il fait passer par l’expression de ses acteurs tour à tour héroïques ou oppressants, reléguant ainsi, tout le reste du film au second plan. Pourtant, c’est dans le cadre d’un tel concert que l’on ne peut que réaliser tout le génie et la splendeur du travail de Chostakovitch qui fait de lui, indéniablement, l’héritier des grands compositeurs Russes.

A propos de CecileL.